Contexte géologique Varois


D’un point de vue géologique, le département du Var se partage en deux domaines distincts. Au sud, les massifs des Maures et de l’Estérel sont constitués de roches cristallines anciennes appartenant au socle continental. Ces roches anciennes sont de piètres aquifères et la côte peut être considérée comme une zone aride sans véritable ressource en eau. L’augmentation de la démographie et son explosion estivale nécessitaient donc la construction d’infrastructures de transport et d’alimentation : le canal de Provence dont l’extension se poursuit encore aujourd’hui avec la liaison hydraulique du Verdon à Saint-Cassien, les aménagements hydrauliques du Verdon et de la durance…
De l’autre côté, au nord de la plaine des Maures, se développe la Provence Calcaire. Elle se poursuit jusqu’au Verdon, porte des préalpes, et à la Durance à l’ouest. Les conditions y sont différentes.
Les roches calcaires qui constituent ces massifs calcaires Provençaux sont issues de la sédimentation carbonatée durant l’ère secondaire dans une mer aujourd’hui disparu : la Téthys. Cette sédimentation, continue du Trias inférieur au jurassique supérieur, connaît un arrêt durant le crétacé avec une phase d’émersion. Cette période marque un épisode de karstification intense qui, associée à l’altération des massifs cristallins au sud, est à l’origine de la formation, du transport et de la mise en place des gisements de bauxite.
À la fin de l’ère secondaire, le mouvement de translation de la plaque Ibérique vers la plaque eurasiatique entraine la surrection des chainons provençaux. C’est au cours de cette phase tectonique dite Pyrénéo-Provençale que naissent le massif de Sainte Baume, de la Nerthe, Les petits et grands Bessillons au nord de Barjols ou la Sainte Victoire. À partir du miocène, la collision Alpine entraine, dans un premier temps, une phase d’extension et l’ouverture du bassin Liguro-Provençal, séparant le continent de la Corse. Dans un second temps, la collision se poursuit et les massifs du Lubéron ou des Alpilles apparaissent.
Événement majeur de la fin du Miocène, le futur détroit de Gibraltar s'obstrue et la Méditerranée s’assèche rapidement durant l’épisode dit « Messinien ». Les cours d’eaux continentaux se retrouvent alors à plus de 2000 mètres au dessus du niveau de la mer, ce qui entraine une forte érosion et l’incision de canyons profonds creusés par les fleuves tels le Rhône ou le Var. La chute du niveau de base, puis sa remontée rapide, sont à l’origine d’une nouvelle phase de karstification et le creusement de réseaux souterrains de grande ampleur comme l’exsurgence de fontaine de Vaucluse (84).


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L'holocène (ex-ère quaternaire) est marqué par un apaisement des évènements tectoniques mais reste associé à de nombreuses variations eustatiques du niveau de la méditerranée liée à une succession d’épisodes glaciaires.
Ainsi, la Provence calcaire est le fruit d’une histoire géologique complexe et polyphasée. Elle est constituée de massifs calcaires orientés est-ouest ayant subi plusieurs phases de karstification. Ils abritent un acquifère contenant une importante ressource en eau. Celle-ci circule dans les fissures issues de la dissolution des roches et émerge à la surface au niveau des sources. Certaines sont pérennes (Port-miou, sources de l’Huveanne, Planesselve, Font Robert…) d’autres sont des trop pleins qui ne coulent qu’en cas de crue, quand les niveaux inférieurs sont inondés (Ragas de Dardenne, Ragay de Néoules…).

D'après F. Demory et al. (Mémoire karstologia 19 ; 2010 ; lien vers l'article complet : ici)